Ebola en RDC: les citations les plus marquantes issues du terrain face au virus Bundibugyo

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Reda Sadki

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Charlotte Mbuh

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Patrice Bamulenga

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KINSHASA, samedi 13 juin 2026. Les phrases qui suivent sont tirées de la séance de partage d’expérience tenue par cinquante-cinq Scholars congolais de la Fondation Apprendre Genève sur la riposte à la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo. Elles ont été prononcées à l’oral ou écrites dans le tchat de la visioconférence, entre 13h34 et 15h35 UTC. Les noms et titres sont rétablis contre le registre de présence Zoom. Les minimes éditions visent à supprimer les faux départs et les artefacts de transcription, sans rien changer au sens.

La compréhension du risque

« Si l’individu ne comprend pas le risque, il ne va pas s’engager. Tout ce que vous allez mettre, c’est en dehors. Il ne va pas s’engager, ça ne le concerne pas. »

Dre Dominique Aleko, formatrice en communication des risques, Kinshasa, lors de sa présentation cadre sur la communication des risques et l’engagement communautaire.

La confiance, condition d’entrée

« Si la communauté n’a pas confiance, l’équipe ne sera pas aidée pour interrompre l’épidémie. Il faut d’abord faire confiance à la communauté, et dissiper la rumeur. »

Dre Dominique Aleko, présentation cadre.

La rumeur ne se reprend pas

« Le rumeur, il ne faut pas le prendre du fait. Regarde ce qu’on a dit, vous projetez. Non. Là, vous aidez maintenant à accentuer, à diffuser la rumeur. Répondez par l’action à mettre, pour la bonne information. »

Dre Dominique Aleko, présentation cadre.

La vision de la communauté précède l’expertise

« On doit savoir quelle est la vision de la communauté, quelles sont leurs cultures, ils font quoi. Donc on doit les savoir, pour aider, nous maintenant, comme TGLF nous a appris. »

Dre Dominique Aleko, présentation cadre.

Douze épidémies et une discipline

« Nous sommes à notre douzième expérience depuis 2014, lorsque nous avons commencé à lutter contre l’épidémie en Afrique de l’Ouest, dans le cadre de la solidarité africaine. »

Joseph Baroani Kikuni Jobacky, expert au ministère de la Santé publique, hygiène et prévention, et inspecteur chef de pôle à l’Inspection générale de la santé, lors de sa présentation sur la situation épidémiologique et les enseignements opérationnels.

Cinquante ans, dix-sept épidémies

« Au-delà de tout, la RDC a totalisé 17 épidémies en 50 ans, à partir de 1976. Par rapport à ce virus dont la souche est Bundibugyo, en termes d’espèces, c’était la deuxième chez nous. La première remonte à 2012. »

Joseph Baroani Kikuni Jobacky, présentation épidémiologique.

En l’absence de traitement, le protocole

« Même en Afrique de l’Ouest, nous n’avions pas de traitement spécifique. C’était toujours le traitement symptomatique, et nous étions en train de respecter scrupuleusement tous les protocoles, pour la prévention contre les infections, pour la prise en charge, pour l’enterrement digne et sécurisé. »

Joseph Baroani Kikuni Jobacky, présentation épidémiologique.

Le pilier de sécurité

« Lorsque cette maladie apparaît dans une zone en conflit, à l’est, nous ajoutons les piliers de sécurité. Vous ne pouvez pas effectuer votre supervision sans que les éléments de la sécurité ne vous l’autorisent. »

Joseph Baroani Kikuni Jobacky, présentation épidémiologique.

Le terrain, à quatorze kilomètres du foyer

« Je vous parle à partir de la cité de Durba, qui est située à 14 kilomètres des bureaux centraux de la zone de santé de Watsa, une zone voisine directe de la zone de santé de Mungwalu, particulièrement touchée de plein fouet par l’épidémie. »

Pasiko Eza, ambassadeur de la Fondation et point focal de zone de santé, depuis Durba, en Ituri, lors de son témoignage de terrain.

L’enquête de perception, sans commande

« Avec les amis de Kinshasa, nous avons réfléchi à mettre une application Kobo Collect pour voir les perceptions de la population face à cette épidémie. Une descente sur le terrain a été effectuée, et nous avons prélevé quelques données. »

Pasiko Eza, témoignage de terrain.

Ce que les bulletins officiels ne disent pas

« Les données collectées ont révélé une faille critique. Une part majeure de la population locale demeure profondément sceptique quant à l’existence de la maladie à virus Ebola. »

Pasiko Eza, témoignage de terrain.

Les attaques contre la Croix-Rouge

« Il y a deux jours, nous avons reçu l’information que les gens de la Croix-Rouge sont attaqués. Pourquoi sont-ils attaqués ? Nous connaissons nos cultures et traditions africaines, lorsqu’il y a un décès, vous devez assister votre membre. Mais dans le contexte de la maladie à virus Ebola, spécifiquement dans la souche Bundibugyo, vous ne pouvez pas assister. C’est comme ça qu’il y a une psychose au sein de la population, en disant qu’ils sont en train de mentir. La population cherche à aller prendre le corps, et ça multiplie les cas. »

Marlène Kapinga Mulumba, ambassadrice de la Fondation et chef de service à la direction nationale de la formation continue, en complément après la présentation cadre.

La proposition la plus pratique de l’après-midi

« S’il faut permettre aux membres de la famille d’assister, il faut leur donner l’équipement. »

Marlène Kapinga Mulumba, en complément.

Le laboratoire qui ne voyait pas la souche

« Notre organisation avait appuyé la réhabilitation du grand laboratoire de Bunia, avec le financement de la Banque mondiale. Mais le dispositif qui permettait de diagnostiquer, c’était le PCR. Cette souche du virus ne pouvait pas être détectée par ça. Il fallait qu’il y ait les cartouches, le dispositif RADI-1. C’est comme ça que les premières détections ont été faites à partir de l’INRB de Kinshasa. »

Dr Évariste Kayembe, spécialiste des questions de violences basées sur le genre à l’unité de gestion du programme de développement du système de santé, qui avait fait mission à Bunia et Wampara deux semaines après la déclaration officielle.

L’autorité coutumière, avant le contact-tracing

« Personnellement, nous sommes allés rencontrer même l’autorité coutumière, le chef de la chefferie Hema, dans laquelle on retrouve la zone de santé de Wampara et les Nyakundes qui ont été beaucoup touchés par cette épidémie. On ne peut pas mener des actions sans impliquer la communauté locale. »

Dr Évariste Kayembe, intervention en séance.

La province voisine

« Il n’y a pas encore beaucoup de cas enregistrés dans la zone. Les gens ne sont pas éveillés comme dans la province de l’Ituri. En Ituri, à Bunia, dans le Nord-Kivu, les gens sont déjà conséquents et commencent à bien apprendre. Même à l’école, je parlais avec ma soeur qui est à Bunia, elle a dit que c’est sa petite fille de l’école maternelle qui vient avec les mesures préventives. »

Toyi Mirefu, ambassadeur de la Fondation au Sud-Kivu, depuis Bukavu, en ouverture de séance.

Le proverbe que la salle a repris en silence

« Il vaut mieux prévenir que guérir. On doit mettre nos communautés à l’abri, parce que c’est vrai que la maladie existe même si on ne voit pas. »

Toyi Mirefu, en ouverture.

La pédagogie de la Fondation, par une praticienne

« Nous ne nous assistons pas dans les cours magistraux où nous sommes là juste pour apprendre et partir avec le bagage. Nous sommes là, ensemble, entre collègues, à partager nos expériences, nos défis, et ensuite apprendre de cela, et ensuite aller dans nos communautés pour agir. »

Dre Noelly Watusadisi, ambassadrice de la Fondation et coanimatrice de la séance, lors du cadrage initial.

L’annonce du cours Bundibugyo

« En marge de notre programme paludisme, le cours qui a été lancé, paludisme inverser la tendance, nous avons aussi pensé à ce que nous pouvons proposer pour soutenir la riposte à cette épidémie en RDC. C’est une formation sur cette maladie, la maladie à virus Ebola. »

Charlotte Mbuh, directrice des programmes de la Fondation Apprendre Genève, connectée depuis Ébolowa, au Cameroun.

Maladie à virus Bundibugyo : apprendre, agir et se certifier

Partagez votre expérience et apprenez de vos collègues sur maladie à virus Bundibugyo. Apprenez-en plus et inscrivez-vous à cette certification de la Fondation Apprendre Genève : HH-FR-01 Partage d’expérience : maladie à virus Bundigugyo en Ouganda et en République démocratique du Congo

La solidarité, depuis la Fondation

« Au nom de la Fondation Apprendre Genève, nous sommes de tout coeur avec vous. Nous apprécions le travail que vous faites, et nous prions que nous puissions riposter et arrêter très vite la circulation de ce virus. »

Charlotte Mbuh, intervention institutionnelle.

Le deuil, annoncé à la salle

« Elle s’est dit que je dois toujours être là, mais entre-temps, elle est en train d’être éprouvée. Au nom des scolaires de la RDC, nous compatissons avec vous, chère madame Marie-Dominique. »

Patrice Bamulenga, ambassadeur de la Fondation pour la RDC et modérateur de la séance, juste avant la présentation cadre.

La réponse de la praticienne en deuil

« Merci beaucoup à tous pour votre compassion, ça nous va droit au coeur. »

Dre Dominique Aleko, en réponse aux condoléances dans le tchat, sans interrompre sa présentation.

Les trois questions de cadrage

« Quelles sont, selon vous, les principales difficultés rencontrées dans la sensibilisation des communautés sur Ebola ? Comment pouvons-nous renforcer la confiance entre les équipes de santé et la population lors d’une épidémie ? Quelles mesures concrètes chacun peut-il appliquer pour réduire le risque de transmission ? »

Dr Stanis Mutamba, médecin-chef de centre hospitalier et membre de l’équipe organisatrice, par tchat.

Le travail derrière la séance

« Nous avons été avec vous depuis plus de trois semaines dans les préparatifs de ces grandes activités, qui a réuni l’énergie de tous les participants, de tous les ambassadeurs, de tous les scolaires de la RDC, pour que cette activité puisse se tenir. »

Patrice Bamulenga, modérateur, en début de séance.

L’inventaire d’une équipe non défrayée

« En dehors de moi, il y a Papa Joseph qui a assuré la coordination de l’organisation sur l’épidémie à virus Ebola. Il était suivi de la docteure Noelly qui était l’adjointe. Il a été accompagné d’une équipe de communication soutenue par Madame Marlène et le collègue Jean-Paul, qui n’est pas avec nous, il est sur le terrain. Aux autres collègues, notamment Dr Stanis, Dr Emmanuel, et tout le monde qui a participé. »

Patrice Bamulenga, clôture de la séance.

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